Archive for novembre 2006

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Y’a bon, le sandwich

novembre 29, 2006

Contrairement à ce qu’on croit, la vie de chroniqueur gastronomique n’est pas faite que de trois-étoiles et de caviar. Il lui arrive de manger des sandwiches à midi, comme tout le monde. Mais, me direz-vous, il y a sandwich et sandwich. Aujourd’hui, j’étais à la rue des Rois, à Genève. Au Minimarket, pour être précis. Une épicerie que tient le bon Emmanuel Oshodin, et qui propose une cinquantaine de sandwiches fait minute. Plusieurs sortes de pain, excellents, des ingrédients ajoutés en nombre suffisant pour que la chose ait un goût autre que celui du pain, des paninis maison. C’est tout simple et ça marche bien. Bon, d’accord, les prix sont forcément un poil plus élevés que dans les boulangeries industrielles, mais on sort content et rassasié, avec le sourire du patron en plus. Alors, même pour un casse-croûte, sachez choisir la qualité…

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Le génie et les pâles copistes

novembre 28, 2006

Allez, un peu de pub pour les copains: l’interview de Ferran Adriá dans 24 heures de ce jour est excellente. On y découvre ce pape de la cuisine moléculaire que certains considèrent comme un escroc et d’autres comme un génie. On y découvre surtout un homme attaché aux traditions, qui a tenté d’apprendre tout ce qu’il y avait à apprendre sur la cuisine, tout ce qu’ont tenté ses prédécesseurs. Parce que la cuisine, c’est comme l’art. On ne peut pas juste inventer des trucs si on n’a pas compris les démarches précédentes, même pour mieux s’en écarter. Certes, le bruit médiatique autour d’El Bullí est un peu insupportable, mais l’homme mérite le respect pour son travail et ses recherches.

L’autre problème de tout génie, c’est qu’il génère des copistes. La médiatisation d’El Bullí pousse des tâcherons à tenter d’être à la mode, eux aussi, mais sans les références qu’a patiemment accumulées le maître. Parce que la cuisine moléculaire, c’est parfois simple, même si certains trucs nécessitent un appareillage coûteux. Pour les premiers, les ingrédients sont à disposition dans toutes les bonnes drogueries, voire même chez Texturas, la société Adriá qui propose des poudres magiques sous le label Adriá… (On peut l’acheter en ligne ici) N’importe qui, dès lors, peut faire du caviar de jus de betterave ou du spaghetti de framboise. Malheureusement, ce ne sera pas forcément bon sans le talent d’un vrai cusinier…

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Un chat noir qui ronronne

novembre 27, 2006

chat.jpgVous ai-je déjà dit tout le bien que je pensais du Chat-Noir, à Lausanne. Oui, je sais, n’en déplaise à San des Frangines, je mange davantage à Lausanne qu’à Genève. Et le Chat-Noir n’est pas loin du lieu où je passe trop d’heures… Alors, à midi, si je cherche un resto un poil plus raffiné que la cantine, j’ai tendance à miauler. Ici, le décor est d’époque, tout en boiseries, avec les photos d’acteurs qui ont passé au Municipal voisin, des photos qui font un peu ringard mais qui donnent tant de charme au lieu.

Les plats sont annoncés sur ardoise, avec des prix cohérents vu la qualité, donc pas donnés. Si vous cherchez bon marché, offrez-vous une pizza. A midi, plat ou menu du jour sont parfaits. L’autre vendredi, avec Rafael, nous avons succombé à la crème de lentilles, croûtons et dés de saucisson vaudois en entrée. Le plat? Un poisson dont je n’ai pas retenu le nom tant il était exotique, doucement cuit et servi sur une semoule aux épices orientales qui fleurait bon l’exotisme en dégageant des parfums succulents.

Le service est adorable, bien qu’un peu débordé à midi. Seul défaut: ces boiseries rendent l’endroit bruyant. Evitez donc les tête-à-tête intimes, ce serait raté.

Rue Beau-Séjour 27, 1003 Lausanne. Tél. 021 312 95 85.

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Les petites recettes d’Annick

novembre 25, 2006

annick.jpgAnnick Jeanmairet est, je cite, « la nouvelle coqueluche de la télévision romande ». Oui, c’est ce petit bout de fille sympa qui concocte des recettes dans sa cuisine, avec une caméra qui bouge tellement qu’on en a parfois le tournis. Son Pique-Assiette est frais, avec des recettes originales et faciles, sur le ton de « regardez comme c’est simple de faire bon avec pas grand-chose ». Le rêve de toute cuisinière. Outre ses émissions hebdomadaire, elle en avait fait un llivre qui a dû suffisamment bien marché pour que les Editions Favre se relance dans l’aventure.

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Quel prix mettez-vous pour le bonheur?

novembre 23, 2006

pape-clement.jpgInvité mercredi soir à la dégustation de la maison Bolle, dans les sous-sols du Château de Morges (à titre privé). C’est toujours aussi bien organisé, avec une soixantaine de vins à déguster au fil de tables thématiques (Bordeaux, Vallée du Rhône, Italie, Espagne, etc.), avec la présence de plusieurs producteurs étrangers qui viennent défendre leurs crus. Parmi les vedettes de cette année, les vins de Bernard Magrez, le monsieur qui possède 2000 hectares de vignes de par le monde. En particulier la galaxie Château Pape Clément.

Chez Magrez, on est donc passé par étapes d’un Château Pérenne (1res Côtes de Blaye) à 25 fr. la bouteille jusqu’à un Pape Clément 1998 à 140 fr. Je ne suis qu’un amateur vaguement éclairé. Mais je distingue quand la différence entre les deux, entre un vin agréable, bien équilibré, au rapport qualité/prix excellent, et un vin sublime, qui défiera le temps dans ma cave et s’en portera bien. N’empêche, 140 balles la bouteille, ça fait cher le bonheur, non? Ou, autrement dit, le plaisir que j’aurai à la dégustation du deuxième vaut-il six fois plus que celle du premier? Vous mettez combien pour une bonne bouteille, vous?

Evidemment que j’ai fait quelques petites folies, surtout que le carnet de commandes est à la sortie de la dégustation et qu’on a envie, à ce moment-là, de commander beaucoup trop. Mais je me suis arrêté à un Hermitage de toute beauté, à 41 balles…

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Un soleil si féminin

novembre 22, 2006

Anne-Sophie Pic et son mariJ’ai eu beaucoup de chance hier soir. Invité par une très gentille amie, j’ai pu profiter de l’unique prestation en Suisse d’Anne-Sophie Pic, la seule cheffe française promise aux trois-étoiles Michelin. Cela se passait à la Rotonde du Beau-Rivage, dont le service stylé, efficace et discret mettait en valeur le menu proposé par cette jeune femme, héritière d’une longue tradition familiale. Anne-Sophie représente en effet la quatrième génération de la Maison Pic, à Valence.

Elle a 23 ans, étudie la gestion à New York lorsque son père décède subitement. Elle rentre alors précipitamment à Valence, enfile la blouse blanche et se met à apprendre le métier en compagnie de la brigade. Et, six ans plus tard, en 1998, elle devient la cheffe de la Maison Pic. Aujourd’hui, à 37 ans, elle est espoir trois étoiles du Michelin, cette catégorie des futurs promus. Quelle réussite!

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Oui, chef!

novembre 20, 2006

Passé le dimanche chez nos amis Yves et Dina. Yves, qui adore l’autorité (enfin, surtout quand c’est lui qui l’a…) ne pouvait que tomber en admiration devant un Chef qui a conquis la chaîne M6, d’abord avec son émission de téléréalité où il formait des jeunes en difficulté pour monter un restaurant, puis avec son émission « Chef la recette« . Yves et Dina, donc, avaient bondi sur l’occasion d’expérimenter les connaissances de Cyril Lignac. Le matin même, Yves avait téléchargé la fiche sur internet, puis regardé la vidéo pour se rappeler les tours de main. Le résultat? Déçu en bien, comme on dit chez nous. Comme quoi, on peut être à la mode à la TV et savoir néamoins faire à manger.

La tarte Tatin de Cyril LignacAprès un amuse-gueule sympa, premier essai avec le carpaccio de thon rouge au gingembre et à l’orange. Franchement tout simple, mais c’est bon, frais et appétissant. Après le plat maison, revoilà une recette de Cyril Lignac pour le dessert, une tarte Tatin et sa crème aux pommes et cannelle. Là, la préparation était un poil plus compliquée, mais le résultat en valait l’effort. La petite crème, née des épluchures de pomme, de cidre et de cannelle, valait le détour. Merci Chef! Et merci les amis…